DELPHINE ET CAROLE revue de presse LA TRIBUNE DE GENEVE

En 1974, la comédienne Delphine Seyrig fait la connaissance de la cinéaste/vidéaste féministe Carole Roussopoulos. Toutes deux sont aujourd’hui décédées, mais ce film fait revivre, plus que leur amitié, l’état d’esprit du combat qu’elles ont mené, cette lutte au quotidien qu’elles ont vécu dans un monde d’hommes dont subsistent d’étonnantes images d’archives. Édifiantes serait plus juste, surtout lorsqu’on découvre, à titre d’exemple, des extraits noir et blanc d’un débat télé auquel participe Françoise Giroud et qui en dit long sur les considérations réactionnaires dont les femmes étaient victimes à ce moment-là.

Mais ces aspects pamphlétaires ne sauraient à eux seuls traduire la plénitude bienveillante du travail de Callisto McNulty, petite-fille de Carole Roussopoulos, qui reprend ici un projet de sa grand-mère consistant à réaliser un documentaire sur Delphine Seyrig. Projet resté à l’état de maquette, la comédienne étant malheureusement décédée en 1990. L’idée motrice du film est dès lors de reconstituer, par l’esprit, une époque de «féminisme enchanté». «Delphine et Carole, insoumuses» émeut autant qu’il sidère, et témoigne aussi bien d’une époque révolue que d’un pan méconnu de l’histoire du cinéma et de la vidéo. De nombreux prix ont fort justement couronné ce documentaire dévoilé à Berlin. Fortement et chaudement recommandé.

https://www.tdg.ch/culture/cinema/delphine-carole-insoumuses-essentiel/story/12426184?fbclid=IwAR2wjkNELIfI63JYknfXIUykvm7sqTAdn1CVTgNvlMnbTJPD9OUab_9HfyU